Texte sacrifié
lundi 31 décembre 2012
dimanche 30 décembre 2012
Censure
Si je m'empêche
de crier
de ressentir
de me taire
d'aimer
de rire
de niaiser
de fabuler
de blesser
de me tromper
d'espérer
d'avoir peur
d'être incertaine
d'agir
d'écrire
Je ne veux plus vivre
de crier
de ressentir
de me taire
d'aimer
de rire
de niaiser
de fabuler
de blesser
de me tromper
d'espérer
d'avoir peur
d'être incertaine
d'agir
d'écrire
Je ne veux plus vivre
lundi 24 décembre 2012
mercredi 12 décembre 2012
Chercher
lundi 10 décembre 2012
Erg
Dans le désert
de mon corps,
tes yeux
sont un mirage
et tes mains,
une vague
dont j'espérais
l'océan...
... que l'écho
du vent
qui fuit
sur la glace
qui pare
le sable
au crépuscule
de mon corps,
tes yeux
sont un mirage
et tes mains,
une vague
dont j'espérais
l'océan...
... que l'écho
du vent
qui fuit
sur la glace
qui pare
le sable
au crépuscule
vendredi 7 décembre 2012
Mater noster
Une perle de lambis
Émerge
Au cœur d'une rose
Et glisse
Pleine
de grâce
Dans un doux écrin
De la reine conche
Jaillissent les précieux nectars
Qui fuient de ses entrailles
Nous sommes bénis
jeudi 29 novembre 2012
lundi 19 novembre 2012
Fientes d'anges
Fréquenter des pigeons ne m'apporte aucun réconfort, ni même un espace de réflexion, encore moins un perchoir accueillant.
Rester sans repos ni répit.
Renoncer à ces dons que je n'ai pas, mais qui sont autant d'hameçons que les fourbisseurs de réponses me lancent.
Il m'arrive de vibrer aux sons de la flûte experte d'un charmeur de l'âme. Surtout s'il attise mon désir d'absolu et mon délire de gloire.
Bel oiseau colporteur et spirituel, il me tyrannise jusque dans ce que mon corps cache à mon coeur.
Je ne me résigne pas à assujettir mon esprit et ma sensibilité à des croyances ou à des dogmes. Alors, je ferme les yeux quelques instants, puis retrouve l'essentiel : la réalité, si belle et si plate à la fois!
Rester sans repos ni répit.
Renoncer à ces dons que je n'ai pas, mais qui sont autant d'hameçons que les fourbisseurs de réponses me lancent.
Il m'arrive de vibrer aux sons de la flûte experte d'un charmeur de l'âme. Surtout s'il attise mon désir d'absolu et mon délire de gloire.
Bel oiseau colporteur et spirituel, il me tyrannise jusque dans ce que mon corps cache à mon coeur.
Je ne me résigne pas à assujettir mon esprit et ma sensibilité à des croyances ou à des dogmes. Alors, je ferme les yeux quelques instants, puis retrouve l'essentiel : la réalité, si belle et si plate à la fois!
samedi 10 novembre 2012
Fragments d'un rêve islandais
Au loin, les vagues abattent leurs crinières sur les os sombres de la côte.
Les herbes, harnachées par le vent, s'inclinent devant le sol couvert de plaies débridées que pansent les lichens et les mousses.
Dans les ombres fuyantes du brouillard, je suis le fil d'une faille avant d'aller gésir au pied des sentinelles de pierre.
Les herbes, harnachées par le vent, s'inclinent devant le sol couvert de plaies débridées que pansent les lichens et les mousses.
Dans les ombres fuyantes du brouillard, je suis le fil d'une faille avant d'aller gésir au pied des sentinelles de pierre.
mardi 6 novembre 2012
Désert
Peut-être aurait-il mieux valu
Maintenir la promesse
Ne rien vérifier
Ne pas entamer la chair
Cultiver les vaines attentes
S'offrir la soif
C'est ma faute
Je me suis précipitée
À vide
Sur les plaines de ta peau
S'enfilaient les dunes
Ma neige s'est mêlée à ton sable
Je me suis tue
Tu t'es tu
Nous sommes morts
Lorsque le mirage s'est défait
Dans le silence de la nuit
Quel était ce long vide
Pourtant doux
Des étoiles lointaines
Dont nous avons mordu
La poussière?
Le souvenir
De la douceur de ta peau
Ne peut effacer
Ton absence de soupirs
J'ai bien soulevé quelques pierres
Touillé les fluides à l'épuisette
Mais je n'ai recueilli
Que des lambeaux de gêne
Et quelques fragments de sourires
C'est ainsi que je t'aurai aimé
Sans rien demander
Ou si peu :
Des perles de sang
Percolées par le rasoir
De mes larmes
Soit, c'est ainsi que, seule,
Je t'aurai aimé
Maintenir la promesse
Ne rien vérifier
Ne pas entamer la chair
Cultiver les vaines attentes
S'offrir la soif
C'est ma faute
Je me suis précipitée
À vide
Sur les plaines de ta peau
S'enfilaient les dunes
Ma neige s'est mêlée à ton sable
Je me suis tue
Tu t'es tu
Nous sommes morts
Lorsque le mirage s'est défait
Dans le silence de la nuit
Quel était ce long vide
Pourtant doux
Des étoiles lointaines
Dont nous avons mordu
La poussière?
Le souvenir
De la douceur de ta peau
Ne peut effacer
Ton absence de soupirs
J'ai bien soulevé quelques pierres
Touillé les fluides à l'épuisette
Mais je n'ai recueilli
Que des lambeaux de gêne
Et quelques fragments de sourires
C'est ainsi que je t'aurai aimé
Sans rien demander
Ou si peu :
Des perles de sang
Percolées par le rasoir
De mes larmes
Soit, c'est ainsi que, seule,
Je t'aurai aimé
mardi 23 octobre 2012
dimanche 21 octobre 2012
lundi 1 octobre 2012
Cryptophanie 011012
Au-delà de l'eau
dans le désert de mon nom,
de l'autre côté,
m'y revoir.
Dans l'élan
des chuchotements
ayant chu de l'entre,
un essor, soi-disant tu.
Sillage d'un regard
Pourfendu jusqu'à l'ouverture.
Et roule ma tête
Sur le rouge sable.
dans le désert de mon nom,
de l'autre côté,
m'y revoir.
Dans l'élan
des chuchotements
ayant chu de l'entre,
un essor, soi-disant tu.
Sillage d'un regard
Pourfendu jusqu'à l'ouverture.
Et roule ma tête
Sur le rouge sable.
mardi 11 septembre 2012
BeauTé 6
Après le rêve
et le fantasme standard,
j'aperçois BeauTé 6
BeauTé 6
n'a pas de visage
Ses seins ne sont pas
outrancièrement gonflés
Elle se démarque des autres beautés
car ce qui la lie à l'homme
n'a rien d'un generic fuck
Son sexe est un mystère
BeauTé 6
est suspendue sur un écran
Ce qui lui tient lieu de tête
se détourne des giclées
de sang, de sperme, de bave
BeauTé 6
regarde derrière les colonnes dérangées
où ses rivales suspendues,
sans tête elles non plus,
étalent leurs chairs désirées,
leurs chères bouches chéries
http://divanorange.org/news/2012/09/11/vernissage-eric-thibodeau/
vendredi 7 septembre 2012
Ce pourquoi
C’est l’une des choses les plus vraies que j’aie dites et l’une
des déclarations les plus fréquentes que j’aie faites – ne-pas-vouloir-écrire
– sans prendre le temps de m’en expliquer. Le désir de non-écriture tire sa
source d’un refus du pouvoir des mots. Peut-être serait-il plus juste de parler
de mes croyances sur le pouvoir des mots, de ma peur des mots qui donnent du
pouvoir ou du rejet de ceux et celles qui, par leurs mots, s’approprient le
pouvoir discursif pour en user et en abuser. Ceci explique en partie la fascination qu’exercent
sur moi les avocats, les prêcheurs, les écrivains, les philosophes et autres glorieux rhéteurs et expliqueurs
de tout acabit, et mon désarroi devant leur maîtrise du verbe (petit et grand).
À dire vrai, je me sens inepte et inapte en leur présence, fut-elle réelle ou
imaginaire, car contrairement à eux, je n’arrive pas à discipliner et à concentrer
ma pensée. Je dérive d’un mot à l’autre, au gré d’une recherche de sens ou de
son absence, oubliant en chemin d’où je suis partie, suspendant le cours d’une
idée au beau milieu d’une phrase, découvrant avec effroi que je ne sais plus où
je voulais aller ou, pis encore, constatant avec horreur que je vous ai
honteusement interrompu, pour me perdre et vous perdre en cours de route…
Pourquoi écrire si je ne sais pas ce que j’ai à dire avec
suffisamment de conviction, de direction ou de précision? C’est qu’il y a une pression
intérieure qui m'intime de le faire : d’où tous ces « débuts »
de textes que je commets sans les lier ni les développer, encore moins les
terminer… Voilà donc l’une des raisons pour lesquelles je-ne-veux-pas-écrire
et, paradoxalement, j’éprouve le pressant besoin de le faire. Qu’en est-il
justement de ce besoin de partager quelques mots alors que d’autres
écrivent plus et mieux?
jeudi 30 août 2012
Lune douce
Ce soir, le ciel peint
des feux de miel et de cendres bleues
Nos reins se brisent
sur les traces de quelque rires
j'avais oublié ta force
tu avais oublié la mienne
tu retrouves ma bouche
je retrouve tes mains
Dans nos yeux s'enchevêtrent
des souvenirs
La nuit s'ouvre, opale
des feux de miel et de cendres bleues
Nos reins se brisent
sur les traces de quelque rires
j'avais oublié ta force
tu avais oublié la mienne
tu retrouves ma bouche
je retrouve tes mains
Dans nos yeux s'enchevêtrent
des souvenirs
La nuit s'ouvre, opale
lundi 20 août 2012
L'étonnement
Cesser de penser. Afin de rester sous le charme doux des regards
étouffés. Cesser d'y penser. Oublier jusqu'à l'éventualité d'un geste
long, jusqu'au désir de connaître son nom. Cesser d'exister et laisser
le temps couler sous mes aisselles.
Croire que je passe inaperçue. Nier le poids de ses cils s'accrochant à mes mouvements silencieux.
Tout à coup, il dit: "Pourquoi ne me regardes-tu pas?"
Je me retourne, il n'y a personne derrière moi.
Il rit: "Qui t'imagines-tu que je regarde?"
Croire que je passe inaperçue. Nier le poids de ses cils s'accrochant à mes mouvements silencieux.
Tout à coup, il dit: "Pourquoi ne me regardes-tu pas?"
Je me retourne, il n'y a personne derrière moi.
Il rit: "Qui t'imagines-tu que je regarde?"
jeudi 16 août 2012
Banalités
J'avais presque oublié la taille des araignées à Lachine. Il faut se tenir loin des portes d'entrée des commerces, des lampadaires, des cadres de porte, des plantes suspendues. Sinon, elles nous prennent pour cibles.
Tout à l'heure, après ma visite au Lion Bleu, l'une d'elles m'a presque capturée. C'était près d'un bar sur Notre-Dame, près de la 8e avenue. Son "Hey, la p'tite, viens icitte!" m'a surprise, mais j'ai pu me dégager en levant le doigt, en me marchant d'un pas assuré et en marmonnant : "Attends un peu, je dois vérifier quelque chose." Comme de fait, l'arrêt du 195 était déplacé. J'ai dû revenir sur mes pas et attendre le prochain passage, à 23:18. Ça ne me tentait pas de prêter l'oreille à la junkie ou de lui donner de l'argent en échange de sa sob story. Elle m'a craché sa colère au visage et m'a quittée en faisant un doigt sans honneur.
J'avais presque oublié combien Lachine, c'est loin, et la faune parfois saugrenue de la rue Notre-Dame, tard le soir.
Plus tôt, j'avais cherché un lit et un peu de réconfort à Ville-Émard, mais l'enthousiasme dont a fait montre mon éventuel hôte a été tiède et sa réponse à ma demande, quoique favorable, a été lente à venir et molle, ce qui m'a dégonflée. De toutes façons, là aussi, il aurait fallu prêter l'oreille et mes réserves d'énergie étaient à sec bien plus qu'à sexe.
Me voici donc dans le 195, en direction de la station Angrignon. Tiens, je suis déjà rendue à Ville-Saint-Pierre. Le vieux tube "Y'a de l'amour dans l'air" tonitrue à la radio alors que deux jeunes cyclistes hurlent en frôlant le bus qui vire lentement. Une chance, la chauffeuse est zen, car "Y'a de l'amour dans l'ai - ai - ai -air, ce - e soir"...
Le fait d'avoir commencé la journée dans le parc industriel Anjou pour la terminer dans le parc industriel Lasalle m'assène un coup de cafard et libère de vagues réminiscences du sol humide du parc Lasalle, à la fin des années 1970.
Moments fugaces où grâce au necking, je me dissolvais dans la bouche, dans les bras et dans le corps de quelques copains d'infortune, pour échapper à la solitude.
Tout à l'heure, après ma visite au Lion Bleu, l'une d'elles m'a presque capturée. C'était près d'un bar sur Notre-Dame, près de la 8e avenue. Son "Hey, la p'tite, viens icitte!" m'a surprise, mais j'ai pu me dégager en levant le doigt, en me marchant d'un pas assuré et en marmonnant : "Attends un peu, je dois vérifier quelque chose." Comme de fait, l'arrêt du 195 était déplacé. J'ai dû revenir sur mes pas et attendre le prochain passage, à 23:18. Ça ne me tentait pas de prêter l'oreille à la junkie ou de lui donner de l'argent en échange de sa sob story. Elle m'a craché sa colère au visage et m'a quittée en faisant un doigt sans honneur.
J'avais presque oublié combien Lachine, c'est loin, et la faune parfois saugrenue de la rue Notre-Dame, tard le soir.
Plus tôt, j'avais cherché un lit et un peu de réconfort à Ville-Émard, mais l'enthousiasme dont a fait montre mon éventuel hôte a été tiède et sa réponse à ma demande, quoique favorable, a été lente à venir et molle, ce qui m'a dégonflée. De toutes façons, là aussi, il aurait fallu prêter l'oreille et mes réserves d'énergie étaient à sec bien plus qu'à sexe.
Me voici donc dans le 195, en direction de la station Angrignon. Tiens, je suis déjà rendue à Ville-Saint-Pierre. Le vieux tube "Y'a de l'amour dans l'air" tonitrue à la radio alors que deux jeunes cyclistes hurlent en frôlant le bus qui vire lentement. Une chance, la chauffeuse est zen, car "Y'a de l'amour dans l'ai - ai - ai -air, ce - e soir"...
Le fait d'avoir commencé la journée dans le parc industriel Anjou pour la terminer dans le parc industriel Lasalle m'assène un coup de cafard et libère de vagues réminiscences du sol humide du parc Lasalle, à la fin des années 1970.
Moments fugaces où grâce au necking, je me dissolvais dans la bouche, dans les bras et dans le corps de quelques copains d'infortune, pour échapper à la solitude.
Lents silences
Je me tais à petit feu
Murmure tapi sous l'ombre d'un doute
Ébahi par des rêves couverts
De poussières de mots et de morts
Murmure tapi sous l'ombre d'un doute
Ébahi par des rêves couverts
De poussières de mots et de morts
mardi 24 juillet 2012
Inanition
17 h - je travaille encore, sur le seuil de l'évanouissement. Peinant à tenir le crayon pour écrire ces quelques lignes tant mes pouces et mes index sont exsangues, engourdis de blanc et de mauve. C'est juillet et je tremble de froid, assaillie par des nausées. Je suis incapable de manger et je me nourris de jus de pomme, d'eau, de fruit, de légumes.
Qui de nous deux prendra fin en premier: ce manuel interminable ou... Il ne faut pas appeler le malheur. Mon cœur a protesté tout l'après-midi dans ma poitrine, mon estomac et ma tête, hurlant sa faiblesse entre deux sursauts, entre deux souffles erratiques.
J'irai tout de même danser ce soir afin de retrouver un rythme plus fou, plus mou, plus doux.
Voilà. Décrire un petit peu mes tourments a fait revenir un peu de sang dans mes doigts. Je veux écrire un peu avant de mourir et danser jusqu'à la fin. Peut-être même trouverai-je le temps de tenir un concertina. Qui sait? J'en tirerai peut-être quelques sons harmonieux?
Qui de nous deux prendra fin en premier: ce manuel interminable ou... Il ne faut pas appeler le malheur. Mon cœur a protesté tout l'après-midi dans ma poitrine, mon estomac et ma tête, hurlant sa faiblesse entre deux sursauts, entre deux souffles erratiques.
J'irai tout de même danser ce soir afin de retrouver un rythme plus fou, plus mou, plus doux.
Voilà. Décrire un petit peu mes tourments a fait revenir un peu de sang dans mes doigts. Je veux écrire un peu avant de mourir et danser jusqu'à la fin. Peut-être même trouverai-je le temps de tenir un concertina. Qui sait? J'en tirerai peut-être quelques sons harmonieux?
dimanche 15 juillet 2012
Extrait de Virginia, mon amour, ma soeur, de Susan Sellers
"Rien d'étonnant si nous étions à l'aise avec les amis de Thoby, ces sodomites, comme tu les appelais, canaille. Pour eux, notre aspect physique n'était ni une invite ni un défi. Ils passaient outre, tendant la main généreuse de l'amitié par-delà les masques de l'identité sexuelle. Ils nous accompagnaient dans notre voyage de découverte de soi. Leur approbation fit naître certaines parties de nous-mêmes qui n'avaient rien à voir avec le sexe."
(c) Éditions Autrement, 2011, p. 56.
(c) Éditions Autrement, 2011, p. 56.
dimanche 1 juillet 2012
Couleuvre
Je suis tout ce que mon corps est. Je suis serpente, me lovant dans d'infimes bris d'espace, touchant sans m'approprier, étant touchée sans être happée par le vide glauque du gouffre qui sépare deux êtres.
Ramper, être cet oeil mou qui se coule dans des regards de cheveux, de pieds, de ventre, de poils, qu'une bouche isole.
Je touche tout, mais qu'est-ce que je touche?
Je vois tout, mais qu'est-ce que je vois?
Je sens ton souffle chaud qui s'amuse à faire cligner mon dos.
Il y a cet épanchement de respirations brusques, tantôt timides, tantôt haletantes, jusqu'à fourire en rauquements moqueurs.
Je danse ton ravissement, coulante lave qui ne cherche pas de direction ni de sillon où s'engouffrer.
Ta caresse brûlante confond tout sur mon passage.
Ramper, être cet oeil mou qui se coule dans des regards de cheveux, de pieds, de ventre, de poils, qu'une bouche isole.
Je touche tout, mais qu'est-ce que je touche?
Je vois tout, mais qu'est-ce que je vois?
Je sens ton souffle chaud qui s'amuse à faire cligner mon dos.
Il y a cet épanchement de respirations brusques, tantôt timides, tantôt haletantes, jusqu'à fourire en rauquements moqueurs.
Je danse ton ravissement, coulante lave qui ne cherche pas de direction ni de sillon où s'engouffrer.
Ta caresse brûlante confond tout sur mon passage.
dimanche 24 juin 2012
Staircase
Life is
A spiral staircase
When we fall
It's never far
Downwards
The outer side catches us
In its arm
So we can tread on
http://www.youtube.com/watch?v=BdZz4RrcG8c
dimanche 17 juin 2012
Néon néant
Lumières trompeuses
Couleurs injectées
Chaleur froide d'un éclatement par intermittence
Couleurs injectées
Chaleur froide d'un éclatement par intermittence
Superficialité d'un immédiat court
Épanchement éphémère :
Un éclair qui s'éteint
Dès qu'un indice de chaleur tente une apparition
Néon néant
Il n'y a rien entre deux éclats
Qu'une attente de hasard
Un temps mort
Une génération spontanée d'émotions violantes
Saccadées
Des sentiments s'émacient
Sitôt nés
La vie se cherche
Mais c'est toujours la mort qui la trouve
Au détour du regard d'un néon
Le regard du néant
vendredi 8 juin 2012
Iceberg
Quel pavillon ai-je encore hissé au mât de ta caravelle?
Peu ou proue, je m'invente un nom
Pour exister
Pour échapper quelque temps à la solitude qui crie
Dans chacun de mes regards
Je suis de glace
Fondante et flottante
Et ne laisse paraître que le paraître
Espérant ainsi écorcher ta cornée
La couler, m'y couler,
Y être
Enveloppée d'audace
Et soutenue dans la chute douce aux battements fauves
Qui laissera dans ses sillons
De vagues espoirs
Alors que tout est sur le point de sombrer,
Ton sourire interrompt ma peur fugace
Rien n'est grave ou aigu
Dans l'abandon des attentes
Tout est mauve sur les flots tendres
De ta voix
Je m'y love et je t’aime
samedi 2 juin 2012
Is there room for me in your world?
Touriste dans ma ville. Touriste dans ma vie. Je marche sous la pluie battante après être allée à une fête privée où je devais revoir quelqu'un... J'arrive alors qu'elle s'apprête à partir... La rencontre n'aura pas lieu.
Boire deux bières au milieu d'inconnus, écouter la musique - bonne ambient music - bonne voix. Au moment de partir, je m'aperçois que quelqu'un a pris mon parapluie. Ce n'est pas grave. Sortir. Marcher.
Mes pas me mènent vers la Place du Canada - tiens, c'est un signe karmique - je souris dans la nuit.
Il fait froid, ça tombe dru. Je suis foutrement loin de tout. J'erre de Peel/Ottawa jusque DeBullion/Sherbrooke sous la pluie battante.
Malgré l'alcool, je prends un Bixi et conduis prudemment jusqu'à la maison.
Douce errance solitaire... Peu m'importe ma solitude: j'aime la pluie, j'aime la nuit, j'aime rouler. Ma patch d’œil me sert de bouclier anti-missives - quoique ça n'ait pas grand effet sur un jeune drone français qui me lance un "Bonne nuit, Moussaillon!" coin Sherbrooke/Saint-Denis... Erreur sur l’âge, le sexe? Mais non, divine errance! Intime errance! Itinérance!
Boire deux bières au milieu d'inconnus, écouter la musique - bonne ambient music - bonne voix. Au moment de partir, je m'aperçois que quelqu'un a pris mon parapluie. Ce n'est pas grave. Sortir. Marcher.
Mes pas me mènent vers la Place du Canada - tiens, c'est un signe karmique - je souris dans la nuit.
Il fait froid, ça tombe dru. Je suis foutrement loin de tout. J'erre de Peel/Ottawa jusque DeBullion/Sherbrooke sous la pluie battante.
Malgré l'alcool, je prends un Bixi et conduis prudemment jusqu'à la maison.
Douce errance solitaire... Peu m'importe ma solitude: j'aime la pluie, j'aime la nuit, j'aime rouler. Ma patch d’œil me sert de bouclier anti-missives - quoique ça n'ait pas grand effet sur un jeune drone français qui me lance un "Bonne nuit, Moussaillon!" coin Sherbrooke/Saint-Denis... Erreur sur l’âge, le sexe? Mais non, divine errance! Intime errance! Itinérance!
dimanche 13 mai 2012
Cathy Strokowsky, artisane verrière
Cathy Strokowsky souffle le verre, elle le façonne. C'est ma voisine d'en face. Je la vois plus souvent depuis que Lucy, sa petite chienne, est entrée dans sa vie. J'aime ses pièces creuses et lisses aux rebords dentelés.
Cathy aime rire, elle aime la chaleur ronde du verre en fusion, le sifflement du chalumeau, la liberté des pigments qu'elle appose à sa paraison, le glory hole du four du verrier. Ses bras sont parsemés de cicatrices de petites brûlures. Lorsqu'elle souffle le verre, elle doit contrer les effets de la gravité, rester en mouvement et faire preuve d'une force tranquille.
Bien qu'elle sache souvent quelle forme prendra sa création, il entre une part de hasard dans son travail. Parfois, ça fait de la merde : elle la récupère en refondant un peu ce qui peut l'être ou en façonnant des bijoux... D'autres fois, la magie se glisse dans la fusion et délivre ce qu'elle croyait avoir raté.
Cathy dreams : ses rêves et ses pensées se transforment en une matière capricieuse qu'elle shape et qui lui échappe en même temps. Souvent, le verre livre davantage que ce dont elle avait rêvé. Elle est la maîtresse du feu mouvement, du magma des humains. D'une certaine manière, c'est une vulcaine.
Cathy aime rire, elle aime la chaleur ronde du verre en fusion, le sifflement du chalumeau, la liberté des pigments qu'elle appose à sa paraison, le glory hole du four du verrier. Ses bras sont parsemés de cicatrices de petites brûlures. Lorsqu'elle souffle le verre, elle doit contrer les effets de la gravité, rester en mouvement et faire preuve d'une force tranquille.
Bien qu'elle sache souvent quelle forme prendra sa création, il entre une part de hasard dans son travail. Parfois, ça fait de la merde : elle la récupère en refondant un peu ce qui peut l'être ou en façonnant des bijoux... D'autres fois, la magie se glisse dans la fusion et délivre ce qu'elle croyait avoir raté.
Cathy dreams : ses rêves et ses pensées se transforment en une matière capricieuse qu'elle shape et qui lui échappe en même temps. Souvent, le verre livre davantage que ce dont elle avait rêvé. Elle est la maîtresse du feu mouvement, du magma des humains. D'une certaine manière, c'est une vulcaine.
mercredi 2 mai 2012
In vino veritas
Je m'ennuie atrocement des mains jointes, fébriles dans la nouveauté de la rencontre. C'est le printemps au coin de de Bleury et Sherbrooke.
Je pleure de joie et d'envie devant chaque baiser qu'intercepte au hasard mon regard.
Je rêve de goûter de nouveau le trouble des émois partagés.
J'espère connaître encore, avant de m'éteindre, le soupir de ta peau.
Oui, je m'ennuie atrocement de l'amour, fut-il futile, coup de foutre plutôt que coup de foudre.
Dans l'absence des petites morts partagées, je me meurs.
J'ai le vin triste, ce soir, assise dans les marches sous la pluie, coin Sherbrooke et de Bleury.
Appelle-moi! Ce soir, je consentirais même à mettre mon orgueil de côté pour être ton generic fuck... car, parfois, il faut se rendre à l'évidence...
Je m'ennuie atrocement des mains qui s'intéressent, d'un corps qui explore, des leurres et des heurts, des tendres maladresses oublieuses du temps qui a fui en laissant derrière les sillons de l'oubli.
Ces rides qui creusent patiemment le lit de la mort et qui tiennent à distance ton désir et ton corps.
Je m'ennuie mortellement des promesses que ta bouche n'a pas encore faites ni tenues.
J'ai soif de tes mains...
Et j'ai honte de ma faim.
Je pleure de joie et d'envie devant chaque baiser qu'intercepte au hasard mon regard.
Je rêve de goûter de nouveau le trouble des émois partagés.
J'espère connaître encore, avant de m'éteindre, le soupir de ta peau.
Oui, je m'ennuie atrocement de l'amour, fut-il futile, coup de foutre plutôt que coup de foudre.
Dans l'absence des petites morts partagées, je me meurs.
J'ai le vin triste, ce soir, assise dans les marches sous la pluie, coin Sherbrooke et de Bleury.
Appelle-moi! Ce soir, je consentirais même à mettre mon orgueil de côté pour être ton generic fuck... car, parfois, il faut se rendre à l'évidence...
Je m'ennuie atrocement des mains qui s'intéressent, d'un corps qui explore, des leurres et des heurts, des tendres maladresses oublieuses du temps qui a fui en laissant derrière les sillons de l'oubli.
Ces rides qui creusent patiemment le lit de la mort et qui tiennent à distance ton désir et ton corps.
Je m'ennuie mortellement des promesses que ta bouche n'a pas encore faites ni tenues.
J'ai soif de tes mains...
Et j'ai honte de ma faim.
jeudi 26 avril 2012
vendredi 13 avril 2012
dimanche 18 mars 2012
Nos vies ordinaires
C'est avec une certaine nonchalance que nous nous installons dans la morosité, sacrifiant nos rêves à l'occasion d'un bonheur de courte vue et, souvent, de courte durée. La longue répétition des quotidiens dope tranquillement nos aspirations et avale insidieusement notre curiosité.
Nous sommes devenus de bonnes gens ordinaires.
Parfois, nous renaissons avec l'arrivée d'enfants qui partagent avec nous un peu de leur fantaisie, puis leurs tourments. Lorsqu'ils nous quittent, nous mourrons un peu; s'ils restent, ils meurent un peu avec nous.
Autour d'En terrains connus, de Sylvain Lafleur
http://www.youtube.com/watch?v=NpwoDMZQ7JQ
Nous sommes devenus de bonnes gens ordinaires.
Parfois, nous renaissons avec l'arrivée d'enfants qui partagent avec nous un peu de leur fantaisie, puis leurs tourments. Lorsqu'ils nous quittent, nous mourrons un peu; s'ils restent, ils meurent un peu avec nous.
Autour d'En terrains connus, de Sylvain Lafleur
http://www.youtube.com/watch?v=NpwoDMZQ7JQ
vendredi 16 mars 2012
Orlando, de Deborah Dunn
Je ne me censurerai pas.
Je ferai fiction de tout événement, fut-il futile.
Je dirai l'importance du moindre moment.
Orlando, de Deborah Dunn.
It humbles me.
Il y a eu là toutes les raisons pour lesquelles j'ose danser.
Comment j'aurais aimé pouvoir danser.
Une justesse aussi
Dans la compréhension de l'univers de Virginia Woolf.
Ça, mais aussi la rude caresse d'une barbe de fin de jour.
Celle d'Yvon.
Je ferai fiction de tout événement, fut-il futile.
Je dirai l'importance du moindre moment.
Orlando, de Deborah Dunn.
It humbles me.
Il y a eu là toutes les raisons pour lesquelles j'ose danser.
Comment j'aurais aimé pouvoir danser.
Une justesse aussi
Dans la compréhension de l'univers de Virginia Woolf.
Ça, mais aussi la rude caresse d'une barbe de fin de jour.
Celle d'Yvon.
mardi 13 mars 2012
Renégate
Dans la douce errance
De la tentation
L'attente ricocheEt trace les sillons
Des émois interdits
Le chant de ton nom
Écorche au passage
Ma pâle essence
Qui n'ose rien
Je suis ma pire trahison
mardi 14 février 2012
Ma Saint-Valentin 2012
Ma Saint-Valentin prend fin,
avec cette rose fauchée, coin Sherbrooke et Saint-Laurent,
après un bref détour à la soirée bénéfice Cabar O Érotique.
Au jeune homme qui m'a demandé de décrire en deux mots seulement
ce qu'est l'érotisme
Je n'ai su que répondre :
Voiler
Dévoiler
Aux performeurs, perforateurs, forcluseurs de tout acabit que j'ai croisés au Cabaret,
merci d'alimenter ma réflexion sur l'art,
sur la performance,
sur l'état d'artiste qui me tire vers lui, vers moi.
***
J'éprouve souvent un profond malaise
quand ce qui est donné à voir, c'est le trop.
Je rentre dans ma coquille, je
cherche à me mettre à l'abri,
je refuse la rencontre
de ce qui, en moi, réactive un
trouble.
Parfois, un solo me semble trop ego.
C'est comme si, n'ayant que lui à
dire et ne cherchant pas l'autre,
son message tombait à plat,
au lieu d'entraîner vertigineusement
dans le gouffre de la rencontre
le performeur et le spectacteur.
Puis le temps passe, quelques bribes
de la performance
persistent et insinuent que ce que
j'éprouve,
c'est la trace douloureuse d'un vide.
Je m'élance alors vers celui-ci, je m'offre
comme "autre", avide d'être touchée.
C'est le signe que je participe à
l’œuvre, que je lui permets de se transcender :
peut-être est-ce vraiment là le début
de l'art?
dimanche 12 février 2012
Périféérique
Je me passerais volontiers de mon étrange vision périphérique
Car
Que suis-je lorsque je laisse errer mon regard sans l'entraver?
Vous dites accepter cette imperfection au seuil de mon âme
Alors
Pourquoi suis-je à jamais écartée de l'espace de votre désir?
Éperdue de solitude, je cherche votre regard
Vous qui me perdez de vue, vous que mon regard perd
Il ne me reste que la force de m'inventer périféérique.
Car
Que suis-je lorsque je laisse errer mon regard sans l'entraver?
Vous dites accepter cette imperfection au seuil de mon âme
Alors
Pourquoi suis-je à jamais écartée de l'espace de votre désir?
Éperdue de solitude, je cherche votre regard
Vous qui me perdez de vue, vous que mon regard perd
Il ne me reste que la force de m'inventer périféérique.
dimanche 5 février 2012
Pas à pages
Merci, Dominique, pour cette constellation de moments intimes partagés : du doute à l'affirmation, de l'autodérision à la joie, de la peur à l'audace, du découragement à la persévérance - pour ta présence et ta différence - pour le présent et le différé - et pour le risque de la création.
http://www.dfdanse.com/article1407.html
jeudi 2 février 2012
Avoir une coquetterie
Si je te regarde d'un œil, puis de l'autre, que se passera-t-il?
Soutiendras-tu l'offrande d'un seul?
De celui-là même qui reste entrouvert dans l'abandon?
Aurai-je le temps de te voir avant que tu détournes les yeux et que mon regard se perde dans la solitude de sa coquetterie?
Soutiendras-tu l'offrande d'un seul?
De celui-là même qui reste entrouvert dans l'abandon?
Aurai-je le temps de te voir avant que tu détournes les yeux et que mon regard se perde dans la solitude de sa coquetterie?
vendredi 20 janvier 2012
With special thanks to Raquel, Virginia Woolf and Shrooms
Alice wants a shroom of herown
To holler inside, but quite in vein
She wants to be quiet, but not alone
Tries to be honest, only to lie in pain
Inspired by: Shrooms, by the Sinking Son
et plusieurs dessins de
Raquel Rql CreationArtistika
To holler inside, but quite in vein
She wants to be quiet, but not alone
Tries to be honest, only to lie in pain
Inspired by: Shrooms, by the Sinking Son
et plusieurs dessins de
Raquel Rql CreationArtistika
dimanche 15 janvier 2012
L'encre court
À peine une page de Montero (Le territoire des barbares) dans le métro à ma sortie de la BAnQ - et je rate Papineau. Ça doit être de la faute à La psychopathologie de la vie quotidienne de Freud, dont j'achève la lecture. Depuis que j'ai commencé la relecture de cet essai, ma vie est un chapelet d'actes manqués, de films télescopés, de noms oubliés ou massacrés. J'essaie d'échapper à cette gêne que j'éprouve de faire tant de bourdes et de faux-pas.
Pour combattre ma gêne, je laisse l'encre couler sur le papier, au risque de le déchirer. Je prélève des phrases ici et là et je les réunis avec le fil fragile de mes pensées. Souvent, ça ne tient pas et le récit se découd. Il faudra des heures pour ré-agencer les mots et retravailler les phrases... où trouver le temps de le faire? Et puis, il arrive que rien n'y fasse. Il ne reste plus qu'à alimenter la déchiqueteuse, qui hoquète mes déchets.
Pour combattre ma gêne, je laisse l'encre couler sur le papier, au risque de le déchirer. Je prélève des phrases ici et là et je les réunis avec le fil fragile de mes pensées. Souvent, ça ne tient pas et le récit se découd. Il faudra des heures pour ré-agencer les mots et retravailler les phrases... où trouver le temps de le faire? Et puis, il arrive que rien n'y fasse. Il ne reste plus qu'à alimenter la déchiqueteuse, qui hoquète mes déchets.
samedi 7 janvier 2012
Trieb : Desseins suaires à manipuler avec soin
Les gants
Comme condoms invertis : ils
protègent le « dehors » plutôt que le « dedans ». Ils
permettent de toucher sans être touché et, du fait leur partage entre les
personnes qui les enfilent, font que celles-ci se touchent : toucher et être touché coexistent. Tout est peau entre Éros et Thanatos.
La voyante
Le papier
Comme marqueur de ce qui est
précieux : par sa presque transparence qui donne à voir, à toucher, à
deviner, à deviser.
La toucheuse
Le condom, la main, la vulve, le pénis
L’intimité devient l'intimée dans une impérieuse et
périlleuse rencontre entre la vie et la mort, entre notre très souvent petite
vie et l’espoir de nombreuses petites morts.
La lectrice
Le livre
Dans le con s’en sucent sans se
connaître des instances qui mènent du Trieb au Tribe. À moins que tout ceci ne
soit que dé-lire délicieux.
Encore une fois, chère Karine Turcot, merci pour ces
quelques instants précieux.
6 janvier 2012 18 h 45
TRAITNOIR ESPACE BLANC espace-projet.blogspot.com
Exposition collective Du 6 janvier au 3 février 2012
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