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dimanche 13 avril 2014

Métempsychose

Le temps court
À la surface de la peau
Y tisse les transes lucides
De la vie
Et sur les chemins sinueux
De son apothéose
Il trace en parallèle
L'inexorable avancée
De l'apoptose

La mort nous suspend au vide
Dès notre premier soupir
Et nous tient en haleine
Jusqu'à l'avant-dernier
Arrive alors l'amant de l'âme
Qui d'un battement d'ailes
Souffle le flambeau
Avant de s'éclipser
Sans un adieu

Il faut souffrir
De longs détours
Avant que ne survienne
Le calme
Étincelle
Pressentant l'esprit




mercredi 9 avril 2014

Madame rêve

Madame rêve de MDMA, une dose sur chaque case de sa carte de bingo. C'est pour quand les beaux jours? les amours? les artifices paradisiaques? Elle se promène d'une chambre à l'autre, d'un quartier à l'autre, sa coupe de vin à moitié pleine en équilibre instable sur sa bicyclette. Elle tangue la langue à terre. Il n'y a rien pour l'éclairer dans le guide des rêves. Elle rit et se terre. Elle crie et refuse de se taire. Rêve de malade pour madame, ce matin.

mardi 11 février 2014

Mère d'accueil

Elle attend, nue
Un peu fripée
Parfois froissée
Ce qui est tu
Mais veut surgir
Elle est patience
Et mère d'accueil
Des effusions
De la distance
De la caresse
Des griffures

Elle prend tout
Sans distinction
Ce qui disparaît
Comme ce qui dure
Le beau, le laid
Le faux, le vrai
Le dur, le mou

Elle recueille
Et redonne
Et redonne
Sa seule mission
Est d'être une feuille

dimanche 26 janvier 2014

Combinaisons élémentaires


Le manque pour alimenter le désir.
La compassion pour effacer la haine.
La colère pour interrompre la dépression.
L’empathie pour déséquilibrer l’indifférence.
La naïveté comme antidote au cynisme.
La naissance pour faire sourire la vieillesse.
L’ennui pour atténuer l’excitation.
La pluie pour faire briller le macadam.
Le silence pour moduler la voix.
La sexualité comme essence de la vie.
Les larmes pour laver ses peines.
La misère pour apprécier la simplicité.
La noirceur pour nuancer la clarté.
Le risque pour sortir de la torpeur.
Les mots comme support à l’existence.
Le Soi pour accueillir l’Autre.
La fleur pour produire le fruit.
L’humilité pour dessiller la fatuité.
Le vide pour déshabiller le trop plein.
La peur comme moteur au courage.
L'émerveillement pour contrecarrer la déception.
L'action pour enrayer la procrastination.
La création pour défier la mort.
Le Non pour savourer le Oui.
L’art comme raison de vivre.
La pensée pour étayer le doute.
L’encre pour graver les mots et la peau.
L’effort pour couronner le tout.
La candeur pour retrouver l’innocence.
Le mouvement comme précurseur d’allégresse.
La générosité pour fortifier l’âme.
L’ouverture pour inventer des champs libres.

L'amour...
L’amour…
L’amour…
mais où s'est-il évanoui, celui-là?

Il s'est évanoui dans mes bras
Quand je lui ai murmuré
Lèvres sur lobes
À quel point il m'était cher...

mercredi 18 septembre 2013

M'émousser



J’ai hâte d’avoir débarrassé mon petit nombril de toutes les petites mousses noires qui l’encombrent…

vendredi 6 septembre 2013

Farouche turn-off

Tout à coup, quelques minutes à peine après m'avoir rencontrée, il me dit: "J'aimerais te faire l'amour." Et moi, aussitôt, de rétorquer: "Sache alors que je déteste fourrer." Et lui, de continuer son chemin et moi, le mien. Fin de l'épopée.

jeudi 25 juillet 2013

Mains

Je regarde les gens passer. C'est une activité simple, qu'il est facile de faire quand on est seule, et je le suis, la plupart du temps. Les mains libres.

La nuit est bonne.

Qu'est-ce qu'il y a dans les mains jointes? Quelle douceur, quelle chaleur? Je cherche dans mes souvenirs une trace de ce qu'il y a, de ce qui s'y installe, quand ma main se dépose dans celle d'un autre. Il y a longtemps, il y a si longtemps... Réminiscence de pétales, de toison aérienne et de cette peau si tendre à la base de cet autre être.

Au fond, je ne cherche qu'une troisième main, le simple plaisir de tenir la main d'une autre personne et d'être tenue en retour.

vendredi 7 juin 2013

Ces hommes nus

Il n'y a pas grand chose qui batte le fait qu'un homme m'ouvre la porte après un délai imprévu, une serviette autour de la taille et la peau parsemée de gouttelettes. J'entre et nous jasons tandis qu'il entreprend de se sécher, oublieux qu'il est flambant nu - l'oublie-t-il vraiment? Quoi qu'il en soit, je suis toujours ébahie par ce confort absolu que bien des hommes manifestent en ma présence. Ce qui m'amène à me demander si je suis une femme sexuée...

dimanche 28 avril 2013

Contre-addictions

Je ne voulais plus écrire des choses tristes. Alors, j'ai cessé d'écrire pendant un certain temps. J'ai attendu le retour de la légèreté en semant des espoirs ici et là, dans des saillies de silence. Puis, je me suis surprise à sourire malgré les larmes de destruction massive. Malgré le fait que je n'arrive pas à renoncer au désir, même s'il s'est absenté, même si je l'évite de peur de céder aux mêmes manques qui l'alimentent, aux mêmes manquements, aux mêmes mensonges qui le prolongent et le protègent. Suis-je vraiment incapable d'aimer, de sourire et de jouir de la vie? Suis-je si irréparable? Puis-je renoncer à chercher de/dans l'autre ce qu'il faudrait que je m'offre à moi?

mardi 12 mars 2013

Lieu-dit

Si je fais abstraction de ce qui n'a pas eu lieu, je pourrai me trouver au même endroit que toi, en ta présence, sans gêne ni regrets. Après tout, le déni est un lieu commun de nos vies.

jeudi 21 février 2013

19 phrases

Ça va être tout un défi. Chaque phrase me fait partir dans une direction différente. Je me demande s'il sera possible de tout lier dans un même récit ou si certaines offrandes susciteront leur propre récit. Pour l'instant, j'accepte d'être guidée, une phrase à la fois, dans un univers qui, autrement, me serait resté inconnu. Tout ce qui m'importe, c'est d'honorer 19 amis et leur générosité.

samedi 2 février 2013

Vieillir

Dunes de vie
Plis d'amour
Parchemin des pensées...

Constater l'azur du temps
Cet horizon qui s'élargit
À mesure que la vie rétrécit.

La vieillesse n'est pas laide d'heures...
Oser est une façon de nourrir la réalité...
Pas de panique: il me reste encore toute une vie, soit un quart de siècle, pour être et devenir qui je suis.