Avoir faim de vie
Soif d'éventualités
Ne plus craindre
La part du vide
Ni les cris silencieux
De l'oubli
Trépasser
De normale
À nomade
Assise mobile
Fouler les grèves grises
Cueillir le vent
Et ouïr les cieux
Annonçant la mer
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samedi 26 avril 2014
mercredi 19 mars 2014
Là où il m'est possible d'écrire
Tous les lieux de transition
Il faut qu'il y ait translation
Changement d'état
Émouvement
Pour traduire fidèlement
L'image traversée au voile
Après seulement
La mise à l'écran
Ou la gésine sur le papier
Couches difficiles
Écorchures des traces
Sutures des ratures
Défaites dépensées
Parfois
Il ne reste
Rien
Nudité sans recours
Ni ressources
Dont seule une plume
Peut m'alléger
Il faut qu'il y ait translation
Changement d'état
Émouvement
Pour traduire fidèlement
L'image traversée au voile
Après seulement
La mise à l'écran
Ou la gésine sur le papier
Couches difficiles
Écorchures des traces
Sutures des ratures
Défaites dépensées
Parfois
Il ne reste
Rien
Nudité sans recours
Ni ressources
Dont seule une plume
Peut m'alléger
dimanche 2 mars 2014
Tissu de mensonges
Les pires mensonges
C'est à moi que je les murmure
Fragments élimés
Unis par des raccords qui jurent
Ces rapprochements de vérités floues
N'existent vraiment
Que parce que je les couds
Je surpique mes songes
De gros fils blancs
Qui tissent des vœux pieux
En vains raccommodements
J'y ajoute des froufrous
Que j'orne de guipures
Aux motifs de brocarts effilochés
Est-ce pour moi que je couds
Des coupons dépareillés
Unis par des serrements
Qui se jurent vérité
Malgré les jonctions floues
et les bouts rabibochés?
Cousette mal aguerrie
Je pique, puis faufile
Nos étoffes fatiguées
Aux rebords défaits
D'amours déçues
Réunies en mosaïque
Par nos silences qui s'y mentaient
Je me suis battue à plates couture
Au lieu d'en découdre
Avec cette nostalgie
De nos chaos si légers
Passepoils de velours
Œillades paisley
Baisers mousselines
J'ai voulu t'offrir
L'ourlet de mes lèvres
Réunir d'ébauches
Nos liens incertains
Pour en faire des courtepointes
Où nos corps moites et lassés
Se blottiraient au creux des mêmes rêves
Mais tu n'avais pas l'étoffe de l'amour
Tu as sorti ton coupe-fils
Défait mes coutures
Écorché tous mes plis
Abîmé mon cœur
Encore et encore
Aux arêtes du rocher
Imprenable qu'est le tien
mardi 11 février 2014
Mère d'accueil
Elle attend, nue
Un peu fripée
Parfois froissée
Ce qui est tu
Mais veut surgir
Elle est patience
Et mère d'accueil
Des effusions
De la distance
De la caresse
Des griffures
Elle prend tout
Sans distinction
Ce qui disparaît
Comme ce qui dure
Le beau, le laid
Le faux, le vrai
Le dur, le mou
Elle recueille
Et redonne
Et redonne
Sa seule mission
Est d'être une feuille
Un peu fripée
Parfois froissée
Ce qui est tu
Mais veut surgir
Elle est patience
Et mère d'accueil
Des effusions
De la distance
De la caresse
Des griffures
Elle prend tout
Sans distinction
Ce qui disparaît
Comme ce qui dure
Le beau, le laid
Le faux, le vrai
Le dur, le mou
Elle recueille
Et redonne
Et redonne
Sa seule mission
Est d'être une feuille
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