dimanche 1 juillet 2012

Couleuvre

Je suis tout ce que mon corps est. Je suis serpente, me lovant dans d'infimes bris d'espace, touchant sans m'approprier, étant touchée sans être happée par le vide glauque du gouffre qui sépare deux êtres.

Ramper, être cet oeil mou qui se coule dans des regards de cheveux, de pieds, de ventre, de poils, qu'une bouche isole.

Je touche tout, mais qu'est-ce que je touche?
Je vois tout, mais qu'est-ce que je vois?

Je sens ton souffle chaud qui s'amuse à faire cligner mon dos.
Il y a cet épanchement de respirations brusques, tantôt timides, tantôt haletantes, jusqu'à fourire en rauquements moqueurs.

Je danse ton ravissement, coulante lave qui ne cherche pas de direction ni de sillon où s'engouffrer.

Ta caresse brûlante confond tout sur mon passage.

dimanche 24 juin 2012

Staircase


Life is
A spiral staircase
When we fall
It's never far
Downwards
The outer side catches us
In its arm
So we can tread on
http://www.youtube.com/watch?v=BdZz4RrcG8c

dimanche 17 juin 2012

Néon néant

Lumières trompeuses
Couleurs injectées
Chaleur froide d'un éclatement par intermittence
Superficialité d'un immédiat court
Épanchement éphémère :
Un éclair qui s'éteint
Dès qu'un indice de chaleur tente une apparition

Néon néant
Il n'y a rien entre deux éclats
Qu'une attente de hasard
Un temps mort
Une génération spontanée d'émotions violantes
Saccadées

Des sentiments s'émacient
Sitôt nés

La vie se cherche
Mais c'est toujours la mort qui la trouve

Au détour du regard d'un néon
Le regard du néant
 

vendredi 8 juin 2012

Iceberg

Quel pavillon ai-je encore hissé au mât de ta caravelle?
Peu ou proue, je m'invente un nom
Pour exister
Pour échapper quelque temps à la solitude qui crie
Dans chacun de mes regards

Je suis de glace
Fondante et flottante
Et ne laisse paraître que le paraître
Espérant ainsi écorcher ta cornée
La couler, m'y couler,
Y être
Enveloppée d'audace
Et soutenue dans la chute douce aux battements fauves
Qui laissera dans ses sillons
De vagues espoirs

Alors que tout est sur le point de sombrer,
Ton sourire interrompt  ma peur fugace
Rien n'est grave ou aigu
Dans l'abandon des attentes
Tout est mauve sur les flots tendres
De ta voix
Je m'y love et je t’aime


samedi 2 juin 2012

Is there room for me in your world?

Touriste dans ma ville. Touriste dans ma vie. Je marche sous la pluie battante après être allée à une fête privée où je devais revoir quelqu'un... J'arrive alors qu'elle s'apprête à partir... La rencontre n'aura pas lieu.

Boire deux bières au milieu d'inconnus, écouter la musique - bonne ambient music - bonne voix. Au moment de partir, je m'aperçois que quelqu'un a pris mon parapluie. Ce n'est pas grave. Sortir. Marcher.




Mes pas me mènent vers la Place du Canada - tiens, c'est un signe karmique - je souris dans la nuit.


Il fait froid, ça tombe dru. Je suis foutrement loin de tout. J'erre de Peel/Ottawa jusque DeBullion/Sherbrooke sous la pluie battante.

 

Malgré l'alcool, je prends un Bixi et conduis prudemment jusqu'à la maison.

Douce errance solitaire... Peu m'importe ma solitude: j'aime la pluie, j'aime la nuit, j'aime rouler. Ma patch d’œil me sert de bouclier anti-missives - quoique ça n'ait pas grand effet sur un jeune drone français qui me lance un "Bonne nuit, Moussaillon!" coin Sherbrooke/Saint-Denis... Erreur sur l’âge, le sexe? Mais non, divine errance! Intime errance! Itinérance!

dimanche 13 mai 2012

Cathy Strokowsky, artisane verrière

Cathy Strokowsky souffle le verre, elle le façonne. C'est ma voisine d'en face. Je la vois plus souvent depuis que Lucy, sa petite chienne, est entrée dans sa vie. J'aime ses pièces creuses et lisses aux rebords dentelés.

Cathy aime rire, elle aime la chaleur ronde du verre en fusion, le sifflement du chalumeau, la liberté des pigments qu'elle appose à sa paraison, le glory hole du four du verrier. Ses bras sont parsemés de cicatrices de petites brûlures. Lorsqu'elle souffle le verre, elle doit contrer les effets de la gravité, rester en mouvement et faire preuve d'une force tranquille.

Bien qu'elle sache souvent quelle forme prendra sa création, il entre une part de hasard dans son travail. Parfois, ça fait de la merde : elle la récupère en refondant un peu ce qui peut l'être ou en façonnant des bijoux... D'autres fois, la magie se glisse dans la fusion et délivre ce qu'elle croyait avoir raté.

Cathy dreams : ses rêves et ses pensées se transforment en une matière capricieuse qu'elle shape et qui lui échappe en même temps. Souvent, le verre livre davantage que ce dont elle avait rêvé. Elle est la maîtresse du feu mouvement, du magma des humains. D'une certaine manière, c'est une vulcaine.

mercredi 2 mai 2012

In vino veritas

Je m'ennuie atrocement des mains jointes, fébriles dans la nouveauté de la rencontre. C'est le printemps au coin de de Bleury et Sherbrooke.
 Je pleure de joie et d'envie devant chaque baiser qu'intercepte au hasard mon regard.
 Je rêve de goûter de nouveau le trouble des émois partagés.
 J'espère connaître encore, avant de m'éteindre, le soupir de ta peau.

Oui, je m'ennuie atrocement de l'amour, fut-il futile, coup de foutre plutôt que coup de foudre.

Dans l'absence des petites morts partagées, je me meurs.

J'ai le vin triste, ce soir, assise dans les marches sous la pluie, coin Sherbrooke et de Bleury.

Appelle-moi! Ce soir, je consentirais même à mettre mon orgueil de côté pour être ton generic fuck... car, parfois, il faut se rendre à l'évidence...

Je m'ennuie atrocement des mains qui s'intéressent, d'un corps qui explore, des leurres et des heurts, des tendres maladresses oublieuses du temps qui a fui en laissant derrière les sillons de l'oubli.
Ces rides qui creusent patiemment le lit de la mort et qui tiennent à distance ton désir et ton corps.

Je m'ennuie mortellement des promesses que ta bouche n'a pas encore faites ni tenues.

J'ai soif de tes mains...

Et j'ai honte de ma faim.