mardi 24 juillet 2012

Inanition

17 h - je travaille encore, sur le seuil de l'évanouissement. Peinant à tenir le crayon pour écrire ces quelques lignes tant mes pouces et mes index sont exsangues, engourdis de blanc et de mauve. C'est juillet et je tremble de froid, assaillie par des nausées. Je suis incapable de manger et je me nourris de jus de pomme, d'eau, de fruit, de légumes.

Qui de nous deux prendra fin en premier: ce manuel interminable ou... Il ne faut pas appeler le malheur. Mon cœur a protesté tout l'après-midi dans ma poitrine, mon estomac et ma tête, hurlant sa faiblesse entre deux sursauts, entre deux souffles erratiques.

J'irai tout de même danser ce soir afin de retrouver un rythme plus fou, plus mou, plus doux.

Voilà. Décrire un petit peu mes tourments a fait revenir un peu de sang dans mes doigts. Je veux écrire un peu avant de mourir et danser jusqu'à la fin. Peut-être même trouverai-je le temps de tenir un concertina. Qui sait? J'en tirerai peut-être quelques sons harmonieux?


dimanche 15 juillet 2012

Extrait de Virginia, mon amour, ma soeur, de Susan Sellers

"Rien d'étonnant si nous étions à l'aise avec les amis de Thoby, ces sodomites, comme tu les appelais, canaille. Pour eux, notre aspect physique n'était ni une invite ni un défi. Ils passaient outre, tendant la main généreuse de l'amitié par-delà les masques de l'identité sexuelle. Ils nous accompagnaient dans notre voyage de découverte de soi. Leur approbation fit naître certaines parties de nous-mêmes qui n'avaient rien à voir avec le sexe."
(c) Éditions Autrement, 2011, p. 56.

dimanche 1 juillet 2012

Couleuvre

Je suis tout ce que mon corps est. Je suis serpente, me lovant dans d'infimes bris d'espace, touchant sans m'approprier, étant touchée sans être happée par le vide glauque du gouffre qui sépare deux êtres.

Ramper, être cet oeil mou qui se coule dans des regards de cheveux, de pieds, de ventre, de poils, qu'une bouche isole.

Je touche tout, mais qu'est-ce que je touche?
Je vois tout, mais qu'est-ce que je vois?

Je sens ton souffle chaud qui s'amuse à faire cligner mon dos.
Il y a cet épanchement de respirations brusques, tantôt timides, tantôt haletantes, jusqu'à fourire en rauquements moqueurs.

Je danse ton ravissement, coulante lave qui ne cherche pas de direction ni de sillon où s'engouffrer.

Ta caresse brûlante confond tout sur mon passage.

dimanche 24 juin 2012

Staircase


Life is
A spiral staircase
When we fall
It's never far
Downwards
The outer side catches us
In its arm
So we can tread on
http://www.youtube.com/watch?v=BdZz4RrcG8c

dimanche 17 juin 2012

Néon néant

Lumières trompeuses
Couleurs injectées
Chaleur froide d'un éclatement par intermittence
Superficialité d'un immédiat court
Épanchement éphémère :
Un éclair qui s'éteint
Dès qu'un indice de chaleur tente une apparition

Néon néant
Il n'y a rien entre deux éclats
Qu'une attente de hasard
Un temps mort
Une génération spontanée d'émotions violantes
Saccadées

Des sentiments s'émacient
Sitôt nés

La vie se cherche
Mais c'est toujours la mort qui la trouve

Au détour du regard d'un néon
Le regard du néant
 

vendredi 8 juin 2012

Iceberg

Quel pavillon ai-je encore hissé au mât de ta caravelle?
Peu ou proue, je m'invente un nom
Pour exister
Pour échapper quelque temps à la solitude qui crie
Dans chacun de mes regards

Je suis de glace
Fondante et flottante
Et ne laisse paraître que le paraître
Espérant ainsi écorcher ta cornée
La couler, m'y couler,
Y être
Enveloppée d'audace
Et soutenue dans la chute douce aux battements fauves
Qui laissera dans ses sillons
De vagues espoirs

Alors que tout est sur le point de sombrer,
Ton sourire interrompt  ma peur fugace
Rien n'est grave ou aigu
Dans l'abandon des attentes
Tout est mauve sur les flots tendres
De ta voix
Je m'y love et je t’aime


samedi 2 juin 2012

Is there room for me in your world?

Touriste dans ma ville. Touriste dans ma vie. Je marche sous la pluie battante après être allée à une fête privée où je devais revoir quelqu'un... J'arrive alors qu'elle s'apprête à partir... La rencontre n'aura pas lieu.

Boire deux bières au milieu d'inconnus, écouter la musique - bonne ambient music - bonne voix. Au moment de partir, je m'aperçois que quelqu'un a pris mon parapluie. Ce n'est pas grave. Sortir. Marcher.




Mes pas me mènent vers la Place du Canada - tiens, c'est un signe karmique - je souris dans la nuit.


Il fait froid, ça tombe dru. Je suis foutrement loin de tout. J'erre de Peel/Ottawa jusque DeBullion/Sherbrooke sous la pluie battante.

 

Malgré l'alcool, je prends un Bixi et conduis prudemment jusqu'à la maison.

Douce errance solitaire... Peu m'importe ma solitude: j'aime la pluie, j'aime la nuit, j'aime rouler. Ma patch d’œil me sert de bouclier anti-missives - quoique ça n'ait pas grand effet sur un jeune drone français qui me lance un "Bonne nuit, Moussaillon!" coin Sherbrooke/Saint-Denis... Erreur sur l’âge, le sexe? Mais non, divine errance! Intime errance! Itinérance!