dimanche 18 mars 2012

Nos vies ordinaires

C'est avec une certaine nonchalance que nous nous installons dans la morosité, sacrifiant nos rêves à l'occasion d'un bonheur de courte vue et, souvent, de courte durée. La longue répétition des quotidiens dope tranquillement nos aspirations et avale insidieusement notre curiosité.

Nous sommes devenus de bonnes gens ordinaires.

Parfois, nous renaissons avec l'arrivée d'enfants qui partagent avec nous un peu de leur fantaisie, puis leurs tourments. Lorsqu'ils nous quittent, nous mourrons un peu; s'ils restent, ils meurent un peu avec nous.

Autour d'En terrains connus, de Sylvain Lafleur
http://www.youtube.com/watch?v=NpwoDMZQ7JQ

vendredi 16 mars 2012

Orlando, de Deborah Dunn

Je ne me censurerai pas.
Je ferai fiction de tout événement, fut-il futile.
Je dirai l'importance du moindre moment.

Orlando, de Deborah Dunn.
It humbles me.
Il y a eu là toutes les raisons pour lesquelles j'ose danser.
Comment j'aurais aimé pouvoir danser.
Une justesse aussi
Dans la compréhension de l'univers de Virginia Woolf.

Ça, mais aussi la rude caresse d'une barbe de fin de jour.
Celle d'Yvon.

mardi 13 mars 2012

Renégate

Dans la douce errance
De la tentation
L'attente ricoche
Et trace les sillons
Des émois interdits

Le chant de ton nom
Écorche au passage
Ma pâle essence
Qui n'ose rien
Je suis ma pire trahison

mardi 14 février 2012

Ma Saint-Valentin 2012


Ma Saint-Valentin prend fin,
avec cette rose fauchée, coin Sherbrooke et Saint-Laurent,
après un bref détour à la soirée bénéfice Cabar O Érotique.

Au jeune homme qui m'a demandé de décrire en deux mots seulement
ce qu'est l'érotisme
Je n'ai su que répondre :

Voiler
Dévoiler

Aux performeurs, perforateurs, forcluseurs de tout acabit que j'ai croisés au Cabaret,
merci d'alimenter ma réflexion sur l'art,
sur la performance,
sur l'état d'artiste qui me tire vers lui, vers moi.


***


J'éprouve souvent un profond malaise quand ce qui est donné à voir, c'est le trop.
Je rentre dans ma coquille, je cherche à me mettre à l'abri,
je refuse la rencontre
de ce qui, en moi, réactive un trouble.

Parfois, un solo me semble trop ego.
C'est comme si, n'ayant que lui à dire et ne cherchant pas l'autre,
son message tombait à plat,
au lieu d'entraîner vertigineusement dans le gouffre de la rencontre
le performeur et le spectacteur.
 
Puis le temps passe, quelques bribes de la performance
persistent et insinuent que ce que j'éprouve,
c'est la trace douloureuse d'un vide.

Je m'élance alors vers celui-ci, je m'offre comme "autre", avide d'être touchée.
C'est le signe que je participe à l’œuvre, que je lui permets de se transcender :
peut-être est-ce vraiment là le début de l'art?





dimanche 12 février 2012

Périféérique

Je me passerais volontiers de mon étrange vision périphérique
Car
Que suis-je lorsque je laisse errer mon regard sans l'entraver?

Vous dites accepter cette imperfection au seuil de mon âme
Alors
Pourquoi suis-je à jamais écartée de l'espace de votre désir?

Éperdue de solitude, je cherche votre regard
Vous qui me perdez de vue, vous que mon regard perd

Il ne me reste que la force de m'inventer périféérique.

dimanche 5 février 2012

Pas à pages

Merci, Dominique, pour cette constellation de moments intimes partagés : du doute à l'affirmation, de l'autodérision à la joie, de la peur à l'audace, du découragement à la persévérance - pour ta présence et ta différence - pour le présent et le différé - et pour le risque de la création.
http://www.dfdanse.com/article1407.html
 

jeudi 2 février 2012

Avoir une coquetterie

Si je te regarde d'un œil, puis de l'autre, que se passera-t-il?
Soutiendras-tu l'offrande d'un seul?
De celui-là même qui reste entrouvert dans l'abandon?
Aurai-je le temps de te voir avant que tu détournes les yeux et que mon regard se perde dans la solitude de sa coquetterie?