Au loin, les vagues abattent leurs crinières sur les os sombres de la côte.
Les herbes, harnachées par le vent, s'inclinent devant le sol couvert de plaies débridées que pansent les lichens et les mousses.
Dans les ombres fuyantes du brouillard, je suis le fil d'une faille avant d'aller gésir au pied des sentinelles de pierre.
samedi 10 novembre 2012
mardi 6 novembre 2012
Désert
Peut-être aurait-il mieux valu
Maintenir la promesse
Ne rien vérifier
Ne pas entamer la chair
Cultiver les vaines attentes
S'offrir la soif
C'est ma faute
Je me suis précipitée
À vide
Sur les plaines de ta peau
S'enfilaient les dunes
Ma neige s'est mêlée à ton sable
Je me suis tue
Tu t'es tu
Nous sommes morts
Lorsque le mirage s'est défait
Dans le silence de la nuit
Quel était ce long vide
Pourtant doux
Des étoiles lointaines
Dont nous avons mordu
La poussière?
Le souvenir
De la douceur de ta peau
Ne peut effacer
Ton absence de soupirs
J'ai bien soulevé quelques pierres
Touillé les fluides à l'épuisette
Mais je n'ai recueilli
Que des lambeaux de gêne
Et quelques fragments de sourires
C'est ainsi que je t'aurai aimé
Sans rien demander
Ou si peu :
Des perles de sang
Percolées par le rasoir
De mes larmes
Soit, c'est ainsi que, seule,
Je t'aurai aimé
Maintenir la promesse
Ne rien vérifier
Ne pas entamer la chair
Cultiver les vaines attentes
S'offrir la soif
C'est ma faute
Je me suis précipitée
À vide
Sur les plaines de ta peau
S'enfilaient les dunes
Ma neige s'est mêlée à ton sable
Je me suis tue
Tu t'es tu
Nous sommes morts
Lorsque le mirage s'est défait
Dans le silence de la nuit
Quel était ce long vide
Pourtant doux
Des étoiles lointaines
Dont nous avons mordu
La poussière?
Le souvenir
De la douceur de ta peau
Ne peut effacer
Ton absence de soupirs
J'ai bien soulevé quelques pierres
Touillé les fluides à l'épuisette
Mais je n'ai recueilli
Que des lambeaux de gêne
Et quelques fragments de sourires
C'est ainsi que je t'aurai aimé
Sans rien demander
Ou si peu :
Des perles de sang
Percolées par le rasoir
De mes larmes
Soit, c'est ainsi que, seule,
Je t'aurai aimé
mardi 23 octobre 2012
dimanche 21 octobre 2012
lundi 1 octobre 2012
Cryptophanie 011012
Au-delà de l'eau
dans le désert de mon nom,
de l'autre côté,
m'y revoir.
Dans l'élan
des chuchotements
ayant chu de l'entre,
un essor, soi-disant tu.
Sillage d'un regard
Pourfendu jusqu'à l'ouverture.
Et roule ma tête
Sur le rouge sable.
dans le désert de mon nom,
de l'autre côté,
m'y revoir.
Dans l'élan
des chuchotements
ayant chu de l'entre,
un essor, soi-disant tu.
Sillage d'un regard
Pourfendu jusqu'à l'ouverture.
Et roule ma tête
Sur le rouge sable.
mardi 11 septembre 2012
BeauTé 6
Après le rêve
et le fantasme standard,
j'aperçois BeauTé 6
BeauTé 6
n'a pas de visage
Ses seins ne sont pas
outrancièrement gonflés
Elle se démarque des autres beautés
car ce qui la lie à l'homme
n'a rien d'un generic fuck
Son sexe est un mystère
BeauTé 6
est suspendue sur un écran
Ce qui lui tient lieu de tête
se détourne des giclées
de sang, de sperme, de bave
BeauTé 6
regarde derrière les colonnes dérangées
où ses rivales suspendues,
sans tête elles non plus,
étalent leurs chairs désirées,
leurs chères bouches chéries
http://divanorange.org/news/2012/09/11/vernissage-eric-thibodeau/
vendredi 7 septembre 2012
Ce pourquoi
C’est l’une des choses les plus vraies que j’aie dites et l’une
des déclarations les plus fréquentes que j’aie faites – ne-pas-vouloir-écrire
– sans prendre le temps de m’en expliquer. Le désir de non-écriture tire sa
source d’un refus du pouvoir des mots. Peut-être serait-il plus juste de parler
de mes croyances sur le pouvoir des mots, de ma peur des mots qui donnent du
pouvoir ou du rejet de ceux et celles qui, par leurs mots, s’approprient le
pouvoir discursif pour en user et en abuser. Ceci explique en partie la fascination qu’exercent
sur moi les avocats, les prêcheurs, les écrivains, les philosophes et autres glorieux rhéteurs et expliqueurs
de tout acabit, et mon désarroi devant leur maîtrise du verbe (petit et grand).
À dire vrai, je me sens inepte et inapte en leur présence, fut-elle réelle ou
imaginaire, car contrairement à eux, je n’arrive pas à discipliner et à concentrer
ma pensée. Je dérive d’un mot à l’autre, au gré d’une recherche de sens ou de
son absence, oubliant en chemin d’où je suis partie, suspendant le cours d’une
idée au beau milieu d’une phrase, découvrant avec effroi que je ne sais plus où
je voulais aller ou, pis encore, constatant avec horreur que je vous ai
honteusement interrompu, pour me perdre et vous perdre en cours de route…
Pourquoi écrire si je ne sais pas ce que j’ai à dire avec
suffisamment de conviction, de direction ou de précision? C’est qu’il y a une pression
intérieure qui m'intime de le faire : d’où tous ces « débuts »
de textes que je commets sans les lier ni les développer, encore moins les
terminer… Voilà donc l’une des raisons pour lesquelles je-ne-veux-pas-écrire
et, paradoxalement, j’éprouve le pressant besoin de le faire. Qu’en est-il
justement de ce besoin de partager quelques mots alors que d’autres
écrivent plus et mieux?
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