mardi 11 septembre 2012
BeauTé 6
Après le rêve
et le fantasme standard,
j'aperçois BeauTé 6
BeauTé 6
n'a pas de visage
Ses seins ne sont pas
outrancièrement gonflés
Elle se démarque des autres beautés
car ce qui la lie à l'homme
n'a rien d'un generic fuck
Son sexe est un mystère
BeauTé 6
est suspendue sur un écran
Ce qui lui tient lieu de tête
se détourne des giclées
de sang, de sperme, de bave
BeauTé 6
regarde derrière les colonnes dérangées
où ses rivales suspendues,
sans tête elles non plus,
étalent leurs chairs désirées,
leurs chères bouches chéries
http://divanorange.org/news/2012/09/11/vernissage-eric-thibodeau/
vendredi 7 septembre 2012
Ce pourquoi
C’est l’une des choses les plus vraies que j’aie dites et l’une
des déclarations les plus fréquentes que j’aie faites – ne-pas-vouloir-écrire
– sans prendre le temps de m’en expliquer. Le désir de non-écriture tire sa
source d’un refus du pouvoir des mots. Peut-être serait-il plus juste de parler
de mes croyances sur le pouvoir des mots, de ma peur des mots qui donnent du
pouvoir ou du rejet de ceux et celles qui, par leurs mots, s’approprient le
pouvoir discursif pour en user et en abuser. Ceci explique en partie la fascination qu’exercent
sur moi les avocats, les prêcheurs, les écrivains, les philosophes et autres glorieux rhéteurs et expliqueurs
de tout acabit, et mon désarroi devant leur maîtrise du verbe (petit et grand).
À dire vrai, je me sens inepte et inapte en leur présence, fut-elle réelle ou
imaginaire, car contrairement à eux, je n’arrive pas à discipliner et à concentrer
ma pensée. Je dérive d’un mot à l’autre, au gré d’une recherche de sens ou de
son absence, oubliant en chemin d’où je suis partie, suspendant le cours d’une
idée au beau milieu d’une phrase, découvrant avec effroi que je ne sais plus où
je voulais aller ou, pis encore, constatant avec horreur que je vous ai
honteusement interrompu, pour me perdre et vous perdre en cours de route…
Pourquoi écrire si je ne sais pas ce que j’ai à dire avec
suffisamment de conviction, de direction ou de précision? C’est qu’il y a une pression
intérieure qui m'intime de le faire : d’où tous ces « débuts »
de textes que je commets sans les lier ni les développer, encore moins les
terminer… Voilà donc l’une des raisons pour lesquelles je-ne-veux-pas-écrire
et, paradoxalement, j’éprouve le pressant besoin de le faire. Qu’en est-il
justement de ce besoin de partager quelques mots alors que d’autres
écrivent plus et mieux?
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